La mer au large: loin des yeux mais plus que jamais à l'esprit !

Organisateur: CAR/ASP

Modérateur: Patrick VAN KLAVEREN (Monaco)

 

Le PNUE/PAM-Convention de Barcelone constitue l’une des rares conventions maritimes régionales au monde qui a pour mandat spécifique de convenir de et d’appliquer des mesures de gestion des ABNJ par le biais des ASPIM et du contrôle de la pollution en mer..

 

Résumé de la session 

 

La Résolution 69/292 (2015) de l’Assemblée Générale des Nations Unies (UNGA) sur “le développement d’un instrument juridiquement contraignant relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la BBNJ, dans le contexte de la Convention de l’ONU sur le droit de la mer” (UNCLOS), invite les Etats Membres à organiser une série de consultations sur deux ans, afin de parvenir à un accord sur des éléments communs qui devront constituer les fondations d’un futur instrument juridiquement contraignant. Les instruments juridiques méditerranéens pertinents existants pourraient aider les pays à se forger un point de vue éclairé pour l’UNGA.

 

A cet égard, le PNUE/PAM-Convention de Barcelone constitue l’une des rares conventions maritimes régionales au monde qui a pour mandat spécifique de convenir de et d’appliquer des mesures de gestion des ABNJ par le biais des ASPIM et du contrôle de la pollution en mer. De même, la CGPM constitue l’une des ORGP ayant le pouvoir d’adopter des décisions juridiquement contraignantes pour gérer la pêche en Méditerranée. En travaillant en synergie, dans le cadre de l’élaboration d’une Stratégie de Coopération Conjointe, les Secrétariats des deux organes, avec ACCOBAMS, l’UICN et en coopération avec MedPAN, cherchent à offrir un mécanisme de coordination horizontal afin de mieux traiter les zones de haute mer en Méditerranée pour une meilleure conservation et une utilisation durable de leur biodiversité marine.


L’importance de la connaissance des mers profondes de la Méditerranée sera soulignée par la présentation de l’expédition maritime réalisée par Oceana en coopération avec l’UICN et le PNUE/PAM-CAR/ASP pour documenter cinq canyons sous-marins au large des côtes libanaises atteignant 1000 mètres de profondeur. En outre, une approche scientifique de la conservation et de l’utilisation durable sera apportée en tenant compte des résultats du projet de “CoCoNET”.

 

 


 

Recommandations de la session

 

1- Il convient de mieux connaître (en améliorant l’exploration scientifique) les courants, les gyres et autres caractéristiques océanographiques et de les considérer tant comme facteur influent de la biodiversité marine que comme unité de conservation. Tenant compte de la structure (biodiversité) et de la fonction écologique dans le processus de conservation, les caractéristiques et les fonctions océanographiques devraient constituer l’un des moteurs de prise de décisions relatives à l’amélioration du Bon Etat Ecologique de la Méditerranée.

 

2- En vue d’intégrer tant une structure de conservation (de la biodiversité, par le biais des AMP) que la fonctionnalité de la mer Méditerranée, il convient d’élaborer une planification spatiale marine au niveau régional, comprenant non seulement les aires côtières et mais aussi les zones de mer ouverte.

 

3- Une meilleure utilisation, au niveau méditerranéen, des outils déjà existants et des objectifs et critères des AMP, afin de mettre en place une conservation de la biodiversité et une gestion des ressources vivantes sur les fonds marins et dans la colonne d’eau. Etudier et explorer les outils complémentaires régionaux et internationaux dans le même esprit que les restrictions de chalutage du fond marin de la CGPM.

 


 

 

ETUDE DE CAS 1: Les avancées actuelles relatives à la conservation et à la gestion de la biodiversité des sites au-delà de la juridiction nationale : situation dans la région méditerranéenne

Intervenant : Daniel CEBRIAN, CAR/ASP 

Des informations seront fournies sur la Résolution 69/292 de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur “le développement d’un instrument juridiquement contraignant relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, dans le contexte de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer” et sur les négociations en cours sur cette question. Des instruments juridiques méditerranéens pertinents relatifs à la pêche, à la pollution et à la biodiversité et aux possibilités qu’ils apportent afin d’améliorer la situation de la biodiversité des sites au-delà de la juridiction nationale en Méditerranée seront présentés, en abordant également les liens avec la biodiversité des sites sous juridiction nationale. Un schéma synergique relatif à la gestion spatiale et des actions de conservation par le biais d’une approche de partenariat régional basée sur une Stratégie de Coopération Conjointe planifiée sera introduite..

 

ETUDE DE CAS 2 : « DEEP-SEA LEBANON » : Exploration des canyons sous-marins

Intervenante : Pilar MARIN, OCEANA 

Visant à mettre en œuvre la Stratégie Nationale relative aux AMP, tout en contribuant à la réalisation de l’Objectif 11 d’Aichi, une expédition a été effectuée par Oceana en vue de documenter cinq canyons sous-marins au large de la côte libanaise allant jusqu’à 1000 mètres de profondeur. Au total, 70 heures d’enregistrement vidéo à haute définition ont été réalisées au moyen d’un véhicule télécommandé, près de 100 échantillons ont été collectés et des paramètres physico-chimiques d’eau ont été prélevés. Les données seront utilisées en vue de concevoir des AMP basées sur la science et des plans de gestion effectifs. En outre, cela permettra également d’améliorer la description des habitats des grands fonds marins de Méditerranée dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’Action des Habitats obscurs. Ce projet est réalisé en partenariat avec l’UICN et le PNUE/PAM - CAR/ASP, avec l’appui du Ministère libanais de l’Environnement, le CNRS, la CGPM et ACCOBAMS. Cette recherche a pu être possible grâce au soutien financier de la Fondation MAVA.

 

ETUDE DE CAS 3 : De la rive au large : pour des réseaux d’aires marines protégées de ‘côtes à côtes’ (résultats du projet CoCoNET)

Intervenant : Ferdinando Boero, Université de Salento, Conseil national des recherches - Institut des sciences de la mer (CNR-ISMAR) (Italie)

Les Aires marines protégées sont de taille limitée et ne couvrent pas les grands processus qui permettent le fonctionnement des écosystèmes. Des réseaux d’AMP sont recommandés. Les Cellules des écosystèmes qui fonctionnent sont proposées comme Unités de conservation et de gestion, fondées sur la connectivité. Le bon état écologique (BEE), tel que défini par la Directive-cadre de l’UE ‘Stratégie pour le milieu marin’, constitue l’objectif des réseaux d’AMP et, tel que le prescrit la DCSMM, l’objectif qui doit être atteint dans toutes les eaux.