Vers une meilleure connaissance et gestion de la pêche de loisir

Organisateur: MedPAN

Modérateur: Antonio DI FRANCO, Université de Nice Sophia-Antipolis, CNRS (France)

 

L’activité de pêche de loisir est particulièrement importante en Méditerranée, puisqu’elle représente plus de 10% de la production totale de la pêche. Mais malgré son importance, rares sont les études menées sur cette activité.. 

 

Résumé de la session

 

La pêche de loisir est une activité en plein essor sur le littoral méditerranéen, notamment au sein des AMP. L’activité de pêche de loisir est particulièrement importante en Méditerranée, puisqu’elle représente plus de 10% de la production totale de la pêche. Mais malgré son importance, rares sont les études menées sur cette activité. Néanmoins, ces dernières années, avec la problématique de la surpêche qui ne cesse de s’accentuer, il faut reconnaître que l’impact de la pêche de loisir sur les ressources marines fait l’objet de plus en plus d’études qui utilisent des techniques d’échantillonnage différentes de celles utilisées pour la pêche commerciale.
Lors de cette session, deux études de cas avec des expériences différentes seront présentées afin d’apporter des pistes pour mieux étudier et gérer la pêche de loisir.


Le Parc marin de la Côte Bleue organise des suivis des pratiques dans l’AMP depuis de nombreuses années, évalue leurs impacts et travaille sur des moyens de les diminuer notamment  par le biais de campagnes de sensibilisation, d’une concertation avec les acteurs locaux et de nouvelles réglementations.


La Réserve naturelle de Cap de Creus a récemment commencé à travailler sur cette thématique, en collaboration avec l’Université de Gérone afin sensibiliser les acteurs de la pêche de loisir (revendeurs et pêcheurs) sur trois impacts de la pêche récréative qui demeurent relativement inconnus et non réglementés: la pression sur les espèces vulnérables, l’utilisation d’espèces exotiques comme appât et la perte d’engins de pêche en mer.
La session sera introduite et animée par Antonio di Franco (Université de Nice), qui offrira un éclairage sur le contexte en Méditerranée.

 

 


 

► Recommandations de la session

 

1- Les données indiquent une concurrence claire entre la pêche de loisir et la pêche artisanale (même niveau de prises, mêmes espèces, même territoire, même période). Il convient de prendre en compte la pêche de loisir pour une meilleure gestion des ressources.

    → Recommandation : chaque AMP doit établir un système d’octroi de licence pour les pêcheurs de loisir qui souhaitent pêcher dans l’AMP, afin de réguler le nombre de pêcheurs de loisir et de collecter des données sur le nombre de pêcheurs et sur les prises. Cette licence pourrait comprendre une formation sur l’impact de cette activité et sur les solutions d’atténuation. Une licence commune à toutes les AMP méditerranéennes pourrait constituer un outil à développer.

 

2- L'UE joue un rôle important dans la réglementation de la pêche par le biais de la politique commune de la pêche. Cependant, il est encore nécessaire de renforcer les réglementations spécifiques de la pêche récréative.

    → Recommandation : Tous les pays méditerranéens doivent s'aligner sur la non-commercialisation des captures d'organismes marins résultant de la pêche récréative (comme imposée par la réglementation de l'UE). En outre, les limitations de capture devraient être imposées de manière cohérente entre les pays, et des efforts considérables devraient être déployés pour assurer le respect de la réglementation.

 

3- Les gestionnaires d’AMP doivent consacrer leurs efforts à des moyens de communiquer les informations relatives à la règlementation des activités de loisirs et à l’importance de l’utilisation pérenne de l’AMP. Il faut réveiller les consciences. Il y a un travail important à accomplir en direction des utilisateurs, au moyen de campagnes de sensibilisation, d’éducation et de concertation.

    → Recommandation : la sensibilisation de chaque individu constitue la première étape vers une pêche pérenne. Les gestionnaires d’AMP devraient être sur le terrain, rencontrer les utilisateurs et expliquer les règles. Il est possible de développer plusieurs outils à cet égard : des brochures, un code de conduite, des chartes de partenariat, un site web…. Et ces outils pourraient être partagés entre AMP. Il convient également d’impliquer les parties prenantes locales dans un processus participatif afin d’obtenir leur acceptation. Il s’agit d’une approche essentielle pour établir de bonnes relations avec les pêcheurs.

 


 

 

ETUDE DE CAS 1 : La pêche récréative dans le Parc Marin de la Côte Bleue (France) : compétition avec la pêche professionnelle artisanale et pistes d’actions pour une meilleure gestion dans l’AMP

Intervenant :  Eric Charbonnel - Parc Marin de la Côte Bleue (France)
Le Parc Marin de la Côte Bleue (PMCB) mène des suivis sur les activités de pêche professionnelles et récréatives depuis 10 ans (comptages de fréquentation, enquêtes, suivis de l’effort et des captures). Au total, les prélèvements de la pêche récréative sont du même ordre de grandeur que ceux de la pêche artisanale professionnelle (53 vs. 60 tonnes/an). La pêche de loisir doit donc mieux être prise en compte pour une meilleure gestion des ressources. Hormis un renforcement nécessaire de la législation, le gestionnaire local d’AMP doit travailler sur une meilleure connaissance des activités, une sensibilisation accrue sur le terrain, des expérimentations de nouvelles règles comme dans le PMCB (encadrement de la pêche aux oursins, gestion des compétitions de pêche sous-marine, concertation avec les acteurs locaux, techniques de mouillage minimisant l’impact sur les fonds, etc).

 

ETUDE DE CAS 2 : Lutter contre les impacts majeurs de la pêche récréative: espèces vulnérables, appâts exotiques et perte d’engins de pêche

Intervenante :  Victoria Riera, Cap de Creus Natural Park (Espagne)
L’objectif du projet est d’accroître la sensibilisation sur trois impacts de la pêche récréative qui demeurent relativement inconnus / non réglementés: la pression sur les espèces vulnérables, l’utilisation d’espèces exotiques comme appât et la perte d’engins de pêche, dans le cadre des AMP du Cap de Creus et Medes-Montgrí. Cet objectif sera atteint grâce à la collecte de nouvelles données sur ces questions par le biais  d’entretiens avec les parties prenantes et les pêcheurs et la recompilation des données existantes de la littérature qui conduiront à l’élaboration d’un code de pratique et d’une charte  de partenariat entre les AMP et les parties prenantes (associations de pêche récréative et magasins de pêche).